Marie-Claire Abomo a commencé à coudre à 16 ans dans l’atelier de sa mère à Biyem-Assi, Yaoundé. Aujourd’hui à 34 ans, elle dirige un atelier de 3 machines, emploie 2 apprenties, et sa liste d’attente dépasse 3 semaines. Sa gamme de tenues wax sur mesure est connue dans tout le quartier — et depuis 2023, dans toute la ville grâce à Cape Market. Voici son parcours.
Les débuts : coudre pour les voisines
« J’ai tout appris de ma mère. Les coutures droites, les fermetures éclair, les empiècements complexes. À 18 ans, j’avais mon propre carnet de clientes — des voisines qui venaient me commander leurs robes et pagnes pour les cérémonies. Je cousais le soir après l’école, puis après le lycée. »
À 22 ans, après un diplôme de BTS comptabilité qu’elle n’a jamais utilisé, Marie-Claire a fait un choix que sa famille a d’abord mal compris : quitter tout projet de bureau pour se consacrer entièrement à la couture. « Tout le monde voulait que j’aille dans une entreprise. Mais j’avais déjà plus de clientes que je ne pouvais en servir. Le marché m’avait déjà dit oui avant que je ne l’écoute. »
La spécialisation : la clé de la différenciation
Au lieu de faire « de tout » comme la plupart des couturières, Marie-Claire a fait un choix risqué à ses débuts : se spécialiser dans les tenues wax cérémoniales haut de gamme. « J’ai dit à mes clientes : je ne fais plus les uniformes scolaires, les tenues de bureau simples ou les retouches rapides. Je fais uniquement les tenues wax pour les grandes occasions — mariages, baptêmes, funérailles importantes. Et je les fais mieux que tout le monde. »
Ce positionnement a d’abord fait partir quelques clientes. Mais les clientes qui cherchaient exactement ce type de prestation ont commencé à venir de plus loin, recommandées par les premières clientes satisfaites. En 6 mois, ses prix avaient doublé et son carnet de commandes était plein.
Cape Market : de Biyem-Assi à toute la ville
« Avant Cape Market, toutes mes clientes venaient du quartier ou par bouche-à-oreille de proches. En 2023, ma nièce m’a aidé à créer une annonce avec des photos de mes plus belles réalisations. En deux semaines, j’avais 3 demandes de clientes de Bastos, Mfandena et Essos — des quartiers où personne ne me connaissait. »
Marie-Claire a depuis optimisé son annonce avec des titres spécifiques : « Couturière wax cérémoniale Yaoundé — tenues de mariage et baptême — sur mesure ». « Mes clientes les plus valorisantes — celles qui commandent 3 ou 4 tenues pour un mariage — viennent maintenant de toute la ville via Cape Market. »
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La gestion : ce qu’elle a dû apprendre
« Le côté business, je ne le maîtrisais pas du tout au départ. Je cousais bien mais je ne savais pas calculer mes prix correctement. Pendant des années, j’ai sous-facturé parce que je voulais rester accessible. Un jour, une cliente m’a dit ce que la même robe coûtait chez une couturière de Bastos — 3 fois ce que je demandais. J’ai compris que je me dévaluais. »
Elle a depuis calculé précisément ses coûts de revient, défini ses marges, et augmenté progressivement ses prix en expliquant à ses clientes : « Je vous offre la même qualité, plus l’expérience et la spécialisation. Le prix est juste. » Elle n’a perdu aucune cliente régulière dans le processus.
Aujourd’hui : une liste d’attente de 3 semaines
Son atelier tourne à pleine capacité. Elle a formé et recruté 2 apprenties qui l’assistent sur les étapes de base. Elle supervise et fait elle-même toutes les finitions et les mesures. Son revenu mensuel dépasse 700 000 FCFA. « Je travaille moins d’heures qu’avant parce que je travaille mieux. La spécialisation et les prix justes m’ont libérée. »
Ses 5 conseils aux couturières qui veulent développer leur activité
- « Spécialisez-vous dans un type de tenue ou un client cible précis — généraliste, vous concurrencez tout le monde »
- « Photographiez vos plus belles réalisations et publiez-les sur Cape Market »
- « Calculez vos vrais coûts et facturer le juste prix — sous-facturer ne fidélise pas, ça épuise »
- « Exigez toujours un acompte à la commande. Cela protège votre travail et confirme le sérieux de la cliente »
- « Tenez un carnet de vos clientes avec leurs mesures — elles reviennent toujours si vous connaissez déjà leurs mensurations »
Conclusion
Marie-Claire n’a pas réussi grâce à un capital ou un diplôme spécial. Elle a réussi en maîtrisant son savoir-faire, en se spécialisant avec courage, en fixant des prix justes, et en utilisant les outils modernes disponibles — dont Cape Market — pour toucher plus de clientes. Son parcours est reproductible par tout artisan camerounais qui a une compétence et la volonté de la valoriser correctement.